11/08/2015

Chronique du coeur de l’Amérique

Hays, Kansas, août 2015 - Hi folks ! My name is Marc Schindler. I’m back in Hays, Kansas, 39 years later !

En avril 1976, avec une équipe de la télévision suisse romande, j’ai passé un mois à Hays, au Kansas, pour réaliser un documentaire sur cette petite ville américaine au coeur des plaines, entre Denver et Kansas City. Les Etats-Unis célébraient leur bicentenaire et, avec le réalisateur Jean-Jacques Lagrange, nous avons tourné  la chronique quotidienne d’une petite ville semblable à des milliers d’autres, où vit un Américain sur trois. Pourquoi Hays ? Parce qu’elle correspondait aux critères d’une étude faite sur les Midtowns, les villes américaines de 20 000 habitants. Notre documentaire avait pour titre : « Une Amérique bien tranquille »


En 1865, l’armée américaine avait construit un fort pour protéger des Indiens la construction de la ligne de chemin de fer de l’Union Pacific d’une côte à l’autre. Les premières années, c’était le Far West : les hors-la-loi y jouaient du Colt, le shérif Wild Bill Hickock faisait régner la loi et l’ordre, le juge faisait pendre et lyncher les voleurs et Buffalo Bill abattait douze bisons par jour pour nourrir les ouvriers du rail. Puis, en 1876 sont arrivés les Allemands de la Volga, ces paysans auxquels la tsarine Catherine avait octroyé des terres en Russie, sans impôts et sans obligations militaires. A sa mort, ces privilèges ont été supprimés et les Volga Germans ont cherché terres et fortune dans les plaines à blé du Kansas. Ils y ont apporté leur variété de blé, leur culture, leurs traditions et leur langue. Aujourd’hui, à Hays, un habitant sur trois a un nom d’origine allemande.


Hays, en 1976, a été ma découverte de l’Amérique. Pas celle des mégalopoles, mais celles des petites communautés rurales, où on travaillait dur, où chacun allait à l’église le dimanche - il y en a 27 à Hays - où la vie sociale s’organisait autour des lotos, des réunions d’anciens combattants et des ventes de paroisse. Hays, où un habitant sur dix habitait dans un mobile home et vivait des bons d’alimentation, surtout les femmes divorcées dont le mari avait quitté le Kansas pour ne pas payer de pension alimentaire. Sa rue principale, où les voitures roulaient lentement, où tous les samedis soirs, les jeunes gens empruntaient la voiture de papa pour respecter la tradition : draging main, monter et redescendre Main Street en klaxonnant pour épater les filles. Le quincailler Scotty vendait des vis au poids, la Farmers Bank prêtait 3000 dollars pour financer un forage de pétrole. La prison aux normes fédérales détenait un ivrogne au volant et trois escrocs pour des chèques en bois. Son mall où on faisait ses courses en famille, ses marchands d’armes où on allait acheter son Smith & Wesson et son fusil de chasse. Hays, ses motels et ses restaurants MacDonald’s, Wendy’s, Freddy’s, Gella’s, qui servaient une nourriture riche et grasse pour des estomacs solides ! En 1976, Hays était vraiment une Amérique bien tranquille, à 100% blanche, où l’on ne rencontrait jamais de Noir ni de Juif. Les Indiens avaient été massacrés il y a longtemps et on gardait précieusement quelques bisons qui avaient échappé à Buffalo Bill et le site où les tribus Pawnee plantaient leurs tipis.


En août 2015, Hays est toujours « Une Amérique bien tranquille ». La ville a un peu changé.  20%  de nouveaux habitants. Un hôpital privé HaysMed avec des équipements ultra-modernes, un vrai Hilton de la santé ; un musée d’histoire naturelle avec des spécimens rares de poissons préhistoriques ; des quartiers résidentiels où les avocats et les médecins se font construire des maisons à plus d’un demi-million de dollars. Et de nouvelles usines pour l’industrie pétrolière et les transports. Hays a surmonté la crise, son blé et son sorgo se vendent toujours bien. Le taux de chômage est de 2.3%, trois fois moins que dans le reste des Etats-Unis. Les emplois ont augmenté de plus de 5% ces dix dernières années. Les salaires sont moins élevés, mais le coût de la vie aussi. Dans sa salle du City Council décoré du drapeau américains, le maire Eber Phelps peut être fier de sa ville : selon un sondage, Hays est un bon endroit pour élever a famille, même si on s’y ennuie un peu.


Revenir dans un endroit où j’avais découvert la réalité d’un pays, c’est un privilège rare pour un journaliste habitué à passer d’un reportage à l’autre. En 2015, pas d’équipe de tournage à quatre avec 200 kg. d’équipement, mais une valise et un camescope dans un sac à dos. Et des rendez-vous pris grâce à Internet avec les témoins survivants de 1976. Un pèlerinage au Kansas, dont j’avais rêvé depuis quelques années.

04:25 Écrit par schindma dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0)

21/07/2015

Mon patrimoine public : c’est du voyeurisme !

Quand on parle pognon, les politiciens ont de ces pudeurs de vierges ! En France, depuis le 10 juillet, tout le monde peut consulter le patrimoine des parlementaires. C’est la loi sur la transparence de la vie publique, votée après l’affaire Cahuzac. Vous vous souvenez, le ministre du Budget qui avait menti en affirmant qu’il n’avait pas de compte en Suisse, alors qu’il y planquait 600000 euros. Tout le monde peut savoir ce que possède son député et son sénateur. Mais interdiction de le rendre public, au risque d’être condamné à 45000 euros d’amende. Comme le dit le dessinateur du Monde : « On nage en pleine transparence  ! »
Une journaliste du quotidien du soir est partie bravement à la chasse aux informations. Le parcours du combattant au pays du Père Ubu. La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a soigneusement balisé le parcours pour tout savoir sur les 735 parlementaires. Apparemment, c’est facile : « Je vérifie sur Internet si la déclaration de mon député est accessible ; je prends rendez-vous à la préfecture ; je présente ma carte d’identité et ma carte d’électeur ;   je consulte la déclaration ». Le garde de la moralité publique me met en garde : « Je ne peux pas reproduire, photographier ou copier ce que je consulte ». Comme toujours, le diable est dans les détails.
Le Monde a voulu consulter  le dossier du député Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret, mis en examen pour « blanchiment de fraude fiscale, corruption et blanchiment de corruption ». Pas vraiment un parangon de vertu républicaine, le cher ami de Nicolas Sarkozy ! Quelle panique dans l’administration : on ne sait pas quel service s’occupe de ça, on vérifie vos papiers, on vous prie de déposer votre téléphone portable et votre sac dans une boîte, on vous retire votre montre. A Nanterre, le fonctionnaire précise : « Vous disposez d’une heure. Pas de note, pas de photo et pas d’enregistrement audio, ce qui veut dire que votre consultation sera astreinte au silence». Dans ces conditions, essayez donc de mémoriser tous les détails d’un dossier complexe.
Ca n’empêche pas la HATVP de proclamer fièrement que la France est en tête de peloton pour la publication des déclarations de patrimoine des politiciens. Aussi bien que les vertueux pays nordiques, les Britanniques, les Espagnols et les Portugais. C’est même l’organisation Transparence International, championne de la lutte contre la corruption, qui l’affirme. En réalité, la France n’est que 26e sur 175 dans le classement de la« perception de la corruption ». Peut mieux faire !
En Norvège, les contribuables peuvent consulter sur Internet les notes de frais et les revenus des élus. Toutes les déclarations fiscales sont sur Internet, sauf celles de la famille royale. En Allemagne, les membres du Bundestag doivent obligatoirement publier la déclaration de leurs intérêts financiers s’ils dépassent 10 000 euros. En Espagne, les déclarations du patrimoine des députés sont publiés sur le site du Congrès des députés, avec les avoirs bancaires et le type de voitures.  Comment dites-vous ? oui, c’est vrai, en France, les ministres doivent aussi déclarer leur patrimoine complet, qui est mis en ligne sur Internet. On a eu droit aux quatre vélos « de marques françaises » de la Garde des Sceaux, au« bateau de pêche promenade » (3 500 euros) de la ministre de la fonction publique et aux 93 028 euros de fortune du premier ministre, dans un gouvernement qui compte quand même sept millionnaires. Silence dans les rangs, on cesse de ricaner !
Cornegidouille ! Courageux, mon député, mais pas téméraire ! Claude Bartolone, président socialiste de l’Assemblé nationale, a tenu à mettre les choses au point : « Déclarer, contrôler, sanctionner, c'est de la transparence, rendre public, c'est du voyeurisme ! « C’est un peu le sentiment des Français. Demandez donc à votre boulanger, à votre boucher ou à votre médecin combien il gagne, vous n’allez pas vous faire des amis. Ce sont les mêmes qui vous jurent que les élus ne font de la politique que parce ça permet de s’en mettre plein les poches.
Sur le site pas vraiment de gauche Atlantico, un internaute précise : « Les ministres se divisent en deux catégories: Les riches dont on se dit "c'est une honte, il a trop d'sous, qu'est-ce qui comprend aux pov'gens, il est pas com'nous, y s'moque de nous, ... etc." Et les pauvres dont on se dit: "Mais quel con! S'il gère les finances de la France comme les siennes (bonjour M. Moscovici...) on est foutu., qu'est-ce qu'il a fait de son argent, c'est un jean foutre, il ment, ... etc. »
C’est pas moi, citoyen suisse, qui vais donner une leçon de civisme. Quand on lui demande quel est son patrimoine, le ministre suisse de la Défense répond en rigolant : « neuf vélos et des super skis de fond ». Il oublie sûrement que son traitement annuel est de 475 000 francs suisses. Le président du parti démocrate-chrétien éclate de rire : « ma fortune ? ma femme et mes trois enfants ». Pas mal, pour le pays le plus riche du monde où la fortune nette par adulte dépasse un demi-million d’euros.

20:28 Écrit par schindma | Lien permanent | Commentaires (0)

16/07/2015

Touche pas à mon Solar Impulse !

Quelle mouche a donc piqué mes compatriotes pour qu’ils s’étranglent de fureur lorsqu’on ose se poser des questions sur le planeur suisse Solar Impulse ? Vous savez, le grand planeur écolo qui fait le tour du monde grâce à l’énergie solaire. Pour l’instant, le bel oiseau est cloué au sol à Hawaï, batteries cramées. Il ne repartira pas avant l’an prochain, si tout va bien. Le problème : les batteries solaires ont surchauffé. Dans un bel exercice de langue de bois, la société explique  : « Les dégâts aux batteries ne sont pas un échec technique ou une faiblesse technologique, mais plutôt une mauvaise évaluation du profil de la mission et du système de refroidissement des batteries. ». Surtout ne pas effrayer les sponsors qui ont déjà englouti 100 millions dans l’aventure et qui vont devoir passer à la caisse !
J’ai eu l’audace d’écrire sur ma page Facebook que cette panne posait le problème de la fiabilité de Solar Impulse. Malheureux ! Iconoclaste ! Les thuriféraires du planeur suisse se sont levés comme un seul homme pour me clouer au pilori. Touche pas à mon Solar Impulse ! J’ai eu droit à tous les noms d’oiseaux : « encore un de ses journaliste pisse froid et qui voit seulement le négatif , un vrais looser, ce mec «  ; « qu'est-ce que ce Marc Schindler a produit d'intéressant dans sa vie, qui ait eu un impact autre que celui d'un ventilateur à frustration? ». Un excellent confrère suisse, qui a mis son talent et sa dévotion au service de cette noble cause, s’offusque quand je suggère qu’il bénéficie de faveurs du président de Solar Impulse, Bertrand Piccard, dont il partage l’hélicoptère et les repas, pour nourrir sa page Facebook. Il m’exécute sans pitié : « dès lors qu'il s'agit de reconnaître les qualités et les mérites d'esprits pionniers, novateurs et originaux, on s'écharpe sur des questions d'argent et on plaisante un peu bêtement, sans rien connaître. Tout cela est détestable et tellement révélateur de l'esprit helvétique ». Un autre collègue retraité s’étonne de « ma pensée riquiqui » et m’encourage : « Allez Marc, un petit mea culpa serait bienvenu ! » Au royaume des croyants, les mécréants sont jetés au cachot !
Solar Impulse est une audacieuse expérience scientifique lancée par un aventurier suisse, Bertrand Piccard, descendant d’une fameuse dynastie de savants. Son rêve : « En écrivant à l'énergie solaire les prochaines pages de l'histoire de l'aviation, jusqu'à un tour de la planète sans carburant ni pollution, l'ambition de Solar Impulse est d'apporter une contribution du monde de l'exploration et de l'innovation à la cause des énergies renouvelables. Démontrer l'importance des nouvelles technologies dans le développement durable, et bien sûr à nouveau placer le rêve et l'émotion au cœur de l'aventure scientifique. « Cet homme est un Messie de l’écologie…et un homme d’affaires avisé. Pour réaliser son expérience de vol solaire, il a réussi à convaincre de grandes multinationales suisses et étrangères (Solvay, Schindler, Omega, ABB) de sortir leur carnet de chèque. Sans compter une myriade de sociétés internationales qui ont toutes mises au pot. Au total, une addition de 100 millions.
Bertrand Piccard, l’ancien psy devenu PDG et pilote, est aussi un champion de la com’. Il se définit, en toute modestie, comme « explorateur et pionnier plus qu’humaniste et aventurier…il n’accepte aucun dogme autre que la curiosité tout azimut ». Il a embarqué dans l’aventure des people, comme l’aventurier Richard Branson, le prince Albert de Monaco, le photographe Yann Arthus-Bertrand, l’écolo Nicolas Hulot, le cinéaste James Cameron, l’écrivain Elie Wiesel ou Al Gore, l’ancien vice-président américain. Il peut compter sur l’engagement enthousiaste de son épouse Michèle, qui gère sa communication sur le site Internet solarimpulse.com qui diffuse en continu messages, interviews, vidéos et photos. De quoi entretenir la flamme des journalistes dévoués à sa cause.
Bertrand Piccard se veut aussi ambassadeur de la Suisse : « La célèbre petite croix blanche sur carré rouge s'élèvera à nouveau fièrement dans les airs, cette fois au-dessus des États-Unis : une occasion de montrer que ce pays enclavé dynamique qu'est la Suisse a autre chose à offrir que du chocolat, du fromage et des banques… » Bref, un héros national auto-proclamé qui doit susciter chez tout Helvète un enthousiasme obligatoire comme les fans de Federer.
Bien sûr, les dévots de Solar Impulse ignorent les critiques des experts qui affirment méchamment : "733 kg de charge utile avec un engin fragile et coûteux de la taille d’un Boeing 747 volant deux fois moins vite qu’un dirigeable. «  Ou les ingrats qui osent : "L'avion Solar Impulse 2 n'est qu'un outil de communication écologique » qui doit rejoindre le sommet du climat à Paris, le grand barnum écolo du président François Hollande. Et si le rêve d’Icare-Piccard était un échec ? Blasphème, ignominie ! Comme le chantait Guy Béart : « Le premier qui dit la vérité, Il doit être exécuté. »

16:10 Écrit par schindma | Lien permanent | Commentaires (1)

14/07/2015

France-Mexique : La mano en la mano

Décidément, la France et le Mexique marchent la main dans la main, depuis le célèbre discours du général de Gaulle à Mexico, en octobre 1964, avec cet inimitable accent français : « Marchemos la mano en la mano », Les présidents français adorent le pays des sombreros. Du général de Gaulle à François Hollande en passant par Giscard, Mitterand, Chirac et Sarkozy, ils se sont tous rendus au Mexique en visite officielle. Cette année, c’est El Presidente de los Estados Unidos Mexicanos Enrique Pena Nieto, qui est l’invité d’honneur de la France aux défilé du 14 juillet. Et tant pis, si sa campagne de 2012 a été financée par l’achat de votes. Si la France ne devait recevoir que des politiciens honnêtes, il n’y aurait jamais personne dans la tribune officielle aux côtés du président de la République !

Qu’on invite le président mexicain, passe encore. Mais que la France, patrie des droits de l’homme, fasse défiler 150 cadets dont des membres de la nouvelle gendarmerie mexicaine, formés par les pandores français, cela fait tousser la présidente d’Amnesty International : « Les disparitions forcées, la torture et les détentions arbitraires constituent des pratiques répandues parmi les forces de sécurité et de police mexicaines ». Les forces armées mexicaines ont une vieille tradition de brutalité, dans un pays rongé par le trafic de drogue. La lutte des cartels entre eux et contre les forces de sécurité ont fait plus de 100 000 morts et 26 000 disparus. En septembre dernier, 43 étudiants ont disparu. Massacrés par les trafiquants, selon la thèse officielle. Liquidés avec la complicité de policiers et de l’armée, affirment les défenseurs des droits de l’homme. Le président Pena Neto avait promis de respecter les droits de l’homme et de mettre fin à l’impunité des soldats accusé de crimes contre les civils. On attend encore les résultats !

Le Mexique est une démocratie à la mode sud-américaine : des institutions élues qui fonctionnent, mais une société cannibalisée par la guerre contre la drogue et le blanchiment. Des politiciens qui ont d’étranges complicité avec les narcos, et une armée qui se revendique comme la seule autorité capable de gagner la guerre de la drogue. Une frontière avec les Etats-Unis qui « a transformé le Mexique en zone tampon où se trouvent tous les migrants d’Amérique latine qui souhaitent aller aux États-Unis sans y parvenir. Cela vient aussi fragiliser le Mexique. Sans parler de l’import illégal d’armes venant des États-Unis, où elles sont en vente libre, et qui viennent alimenter la violence dans notre pays », selon Irma Sandoval, professeure à l’université nationale autonome du Mexique.

Bref, tout sauf un grand pays démocratique. Entre Paris et Mexico, ce n’est pas le grand amour, mais le réalisme du business, qui marche la main dans la main. Le Mexique est un géant économique, qui a longtemps vécu sur sa rente pétrolière. Les Etats-Unis absorbent encore 80% de ses exportations, mais le pays veut attirer les capitaux étrangers. Selon Les Echos, « Tiré par la demande des Etats-Unis, le pays connaît une croissance continue de ses exportations (hors énergie) qui bénéficie plus directement à l’électronique et à l’automobile. Désormais quatrième exportateur mondial de voitures, le Mexique concentre sur son sol toutes les marques internationales attirées par le marché américain. Kia, le coréen, vient de s’installer dans le sillage de Fiat, BMW ou encore Nissan. » Le Mexique exporte un milliard de dollars par jour dans le monde. Mais un misérable 0,35% en France. Pour les Français, « Le Mexique, c'est une plate-forme d'exportation, la porte d'entrée vers l'Amérique du Nord. » Pour le Mexique, la France pourrait être un tremplin pour conquérir les marchés africains. Le président Pena Nieto est accompagné par une cinquantaine de patrons mexicains et une soixantaine d’accords économiques vont être signés. 

 

En avril 2014, Hollande, en visite au Mexique, avait affirmé : « Chaque fois que nous invitons un chef d’État qui représente pour nous un pays ami, c’est pour partager ses valeurs. Et avec le Mexique, qui est aussi un pays révolutionnaire, nous avons en commun les valeurs de liberté, d’émancipation, de dignité et nous voulons aussi bâtir un ordre plus juste. ». Les politiciens ne sont jamais avares de déclarations emphatiques. A chaque fois, il faut activer la machine à déchiffrer. Résumé cyniquement ; dans le monde d’aujourd’hui, les droits de l’homme, c’est beau, c’est généreux. Mais ça ne rapporte pas grand-chose, ça ne remplit pas les carnets de commandes, ça ne fait pas tourner les usines. Laurent Fabius, le partisan de la diplomatie économique, aurait pu reprendre le titre du film inachevé du grand cinéaste soviétique Eisenstein, en 1931, sur l’histoire du Mexique : Que viva Mexico! 

15:01 Écrit par schindma dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0)

06/07/2015

Selfie, l’arme fatale

Le selfie - en français l’autoportrait numérique - est devenue l’arme absolue des candidats à une élection, selon une enquête du New York Times. Autrefois, les candidats serraient des mains, embrassaient des bébés devant les cameras ou lançaient des remarques assassines contre leurs adversaires. Fini, tout ça. Ringard, contre-productif. Grâce à leur zélés conseillers en communication, Hillary Clinton, Jeff Bush et les autres candidats à la Maison Blanche ont appris à maîtriser l’art du selfie. Hillary a même donné une leçon à un fan un peu empoté avec son iPhone: « Appuie sur ce bouton blanc, celui de droite ». Les candidats peuvent y consacrer une heure à chaque rencontre avec leurs partisans.

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14:50 Écrit par schindma | Lien permanent | Commentaires (0)