30/04/2016

En France, Noël à Pâques

En France, tous les cinq ans, c’est Noël à Pâques. Pourquoi ? Parce qu’on élit le président de la République. C’est le temps des cadeaux pour tout le monde. On n’est qu’à un an de la présidentielle, mais déjà, des cadeaux, il y en a pour les instits, les fonctionnaires, les flics, les paysans et j’en passe.
Revue de détail : la ministre de l’Education nationale promet de doubler la prime des enseignants des écoles maternelles et élémentaires. Ca coûtera environ 300 millions d’euros par an. Ca tombe bien. Les enseignants, soutien traditionnel de la gauche, ne seraient plus que 21% à voter Hollande, selon un sondage. Le ministre de l’Agriculture promet une aide de 290 millions aux paysans en colère, qui subissent de plein fouet la crise agricole et la course aux prix bas, et qui déversent des déchets devant sa maison. Des électeurs qui votent pour la droite ou le FN. Le ministre de l’Intérieur promet d’équiper les brigades anti-terroristes de nouveaux fusils d’assaut, de gilets pare-balles et de boucliers pour 17 millions. Il y urgence…politique. Selon une étude récente, en 2015, plus de 50% des policiers ont voté pour le Front national. Le gouvernement annonce une hausse de 1.2% des traitements des fonctionnaires, une gâterie à 2.4 milliards par an. Selon la même étude, plus d’un fonctionnaire sur cinq a voté FN, l’an dernier. Alors, le gouvernement lance ses promesses : qui veut gagner des millions ?
Mais où le gouvernement va-t-il trouver tout cet argent ? Le déficit public atteint plus de 77 milliards, près de 4% de la richesse produite en France. La dette dépasse 2000 milliards, 95% du PIB. Le président et son premier ministre n’ont jamais été aussi impopulaires. Les grèves se succèdent et la télévision montre chaque jour des images de guérilla urbaine entre les casseurs et la police. Mais « Ca va mieux en France ». C’est le président qui le dit, le 14 avril, dans l’émission de télévision « Dialogues citoyens ». Evidemment 83% des Français n’y croient pas et la droite se moque du « président normal à la face éternellement joviale ». Pourtant, les bonnes nouvelles économiques tombent en rafales : 60000 chômeurs de moins en mars, une méga-commande de 12 sous-marins par l’Australie, la croissance qui accélère au premier trimestre. Et surtout, le déficit public est en baisse de 0.3% par rapport aux prévisions. Ca représente quand même une cagnotte de 6 milliards. Ben voyons, il suffit de taper dans ce bas de laine pour financer les promesses !
Tous les candidats à la présidentielle de 2012 ont fait des promesses mirifiques, sans expliquer sérieusement comment les financer. Eva Joly, la candidate écologique, promettait de créer un million d’emploi d’ici à 2020 ; Marine Le Pen voulait augmenter de 200 euros les salaires inférieurs à 1500 euros ; Nicolas Sarkozy promettait une hausse de 70 euros par mois pour les petits salaires ; Mélanchon, du Front de gauche, un salaire minimum de 1700 euros par mois ; et François Hollande promettait de créer 150 000 « emplois d’avenir » pour les jeunes. Mais les Français ne font plus crédit aux promesses qui, comme chacun le sait, n’engagent que ceux qui y croient.
Il n’y a pas qu’en France. La campagne électorale américaine nous vaut aussi son pesant de promesses et de belles intentions. Hillary Clinton, qui veut relever le salaire minimum fédéral de 7,25 à 12 dollars : « Nous ne devrions pas faire des promesses que nous ne pourrions pas tenir ». Son adversaire démocrate Bernie Sanders promet de mettre en place une assurance maladie universelle fédérale, qui replacerait le coûteux système actuel d’assurances privées, mais qui coûterait plus d’un million de millions de dollars. Quant au milliardaire républicain Donald Trump, il veut « supprimer l’impôt sur le revenu pour les Américains gagnant moins de 25 000 dollars (50 000 dollars pour les couples). Dans le même temps, le taux supérieur d’imposition serait ramené de 39,6 % des revenus à 25 %. Quant à l’impôt sur les sociétés, il passerait de 35 % à 15 %. » Le hic, selon le Tax Policy Center, un organisme non-partisan, c’est que les recettes fiscales diminueraient de 25 000 milliards de dollars en vingt ans.
On a envie de parodier Michel Audiard dans «Les tontons flingueurs» : « c’est curieux chez les politiciens ce besoin de faire des promesses ». Mais qui a jamais prétendu que les promesses électorales était faites pour être respectées ? Cyniquement, elles servent seulement à être élu.

17:16 Écrit par schindma dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

La dernière phrase confirme bien ce qui est dit par un ancien politicien:quand le peuple aura compris qu'on est élu juste pour le représenter ce que faisaient les anciens Suisses là on pourra à nouveau progresser
Il n'a jamais été interdit de penser et agir par soi même
C'est devenu une marotte que de toujours se prosterner devant leurs majestés qui sitôt élues auront d'autres chats à fouetter qu'écouter toutes les pleurs de la part de citoyens qui préférent accorder leur confiance à des technologies et nombre de médias mentant aussi effrontément sinon plus que les Politiciens
Parole d'un ancien journaliste :dans le temps les politiciens on ne les voyait que très peu et ils ne passaient pas leur temps à frimer ,blablater par devant caméra , le monde ne se portait pas plus mal et c'est on ne peut plus vrai
Finalement qui est le plus ridicule le peuple ou les élus ? en réfléchissant bien il faut reconnaitre que ce sont ces citoyens ayant cru aux belles paroles qui on le sait en politique ne pourront jamais être tenue surtout dans un monde qui ne pense que divorces ,séparations et réformes ou comportements identiques à la Stasi ce qui est de plus en plus tendance et être selfié pour le moindre petit bobo
Sublimer des humains, Monsieur De Lafontaine même mort doit se tordre les côtes de rire
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 01/05/2016

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