03/02/2015

La France hystérique

Une gosse de 8 ans affiche dans sa classe son soutien aux terroristes. Un autre enfant de 9 ans crie « Allah akbar » pendant la minute de silence aux victimes de Charlie Hebdo. Une fillette de 10 ans écrit dans un devoir :»Je suis d'accord avec les terroristes d'avoir tué les journalistes, car ils se sont moqués de notre religion ». Les enseignants alertent le directeur d’école, qui saisit la justice. À chaque fois, les gamins sont convoqués par les gendarmes pour « apologie du terrorisme », un délit pénal. Des procureurs de la République et des maires approuvent. La ministre de l’Education nationale soutient la direction de l’école : "Non seulement cette équipe a bien fait de se comporter ainsi, mais son travail de suivi, et pédagogique et social, est une oeuvre utile ».
On croit rêver ! En France, au XXIe siècle, quand un enfant « soutient des terroristes », en rapportant ce qu’il a entendu à la maison ou qu’il a vu sur Internet, on appelle les flics au lieu de convoquer les parents ! Si les juges doivent ouvrir une enquête à chaque fois qu’un mineur lance un propos raciste, sexiste ou menaçant, où va la justice en France ? Des enseignants ont beau rappeler qu’à cet âge, les enfants provoquent l’autorité du prof ou des parents. Rien n’y fait. Beaucoup de Français pensent que les parents musulmans lavent le cerveau de leurs enfants et leur inculquent des propos qui font l’apologie du terrorisme.  
La France est traumatisée par la tragédie de Charlie Hebdo et la prise d'otage d'une épicerie kasher. Les coups de filets dans les milieux islamistes et les arrestations se multiplient. Le gouvernement diffuse un spot intitulé : « Stop Djihadisme » avec des images et une musique traumatisantes pour décourager les jeunes Français de partir combattre en Syrie. Du coup, la France est plongée dans une hystérie collective. Sur les sites des journaux, les lecteurs se déchaînent : « Cette chasse aux sorcières, sur fond d'appels à la délation et de justification du flicage à tout va, est non seulement nauséabonde, elle est aussi contre-productive et risque bien de produire une génération d'individus, de religion musulmane, qui aura connu une stigmatisation lourde de conséquences sociales. En d'autre mots : comment pousser des gens à céder aux sirènes des idéologies djihadistes fascisantes». Sur le site de droite Atlantico, un enseignant affirme : « L'école ne peut pas, ne doit pas, chercher à se faire aimer, elle est là pour enseigner. Et quand elle est débordée par l'impossibilité de maintenir ses cadres, elle fait appel à une autorité perçue comme supérieure à la sienne, incarnée par la justice ou la Police. C'est effectivement assez dramatique, mais on est dans la conséquence très logique et prévisible des diverses politiques mises en place autour des enfants. » Un lecteur anonyme ne fait pas dans la dentelle : »Pendant ce temps les zombies mahométans préparent les prochains attentats tranquillement ! Si les 100 plus virulents étaient d'urgence déchus de la nationalité française et exclu du territoire national ça enverrait un message fort à la vermine verte et ça libérerait 2000 policiers d'un coup ! (avec ou sans heures supp's :-) le tout pour pas un centime de dépensé (mais au contraire beaucoup d' € économisés) Ces 2000 policiers redéployés pourraient s'occuper des milliers de zombies potentiels par ordre de dangerosité - et par un effet cliquet - jusqu'à la décontamination finale ! Faut que j'fasse tout ? »
Pendant ce temps, l’hebdomadaire de droite Valeurs actuelles est condamné à 2000 euros d’amende pour « provocation à la discrimination envers les musulmans. » Son crime : une couverture représentant Marianne voilée de noir et un titre provoquant :  «Naturalisés,  l’invasion qu’on nous cache». Les Français sont écrasés par le chômage de masse, ils sont écoeurés par les petits jeux et la corruption de leurs politiciens. Ils assistent à la montée en puissance du Front national et de ses recettes démagogiques contre la crise.Ils se sentent menacés par l’islamisme. Du coup, la France s’interroge sur les valeurs de la République. Les Français comprennent que la lutte contre le terrorisme va réduire leur liberté. Dans leur vie quotidienne, ils savent bien que l’égalité n’est qu’une déclaration d’intention. Quant à la fraternité, il n’ y a plus que les militants de l’abbé Pierre pour y croire encore.
Le grand débat aujourd’hui, c’est la laïcité à la française, hérité de la Révolution, qui affirme, dans la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » La laïcité interdit les signes religieux à l’école, qui doit afficher une charte de la laïcité. Beau principe, mais comment faire partager les valeurs de la République à une population musulmane qui se sent déclassée dans des banlieues qualifiées de « ghettos » par le premier ministre, stigmatisée par les partisans de l’ordre et rejetée par ceux pour qui islam égale terrorisme.

16:54 Écrit par schindma | Lien permanent | Commentaires (0)

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